Le Thème : Jacques Vergès est bien connu du grand public et fait souvent la Une des médias. D'affaires sulfureuses en attentats terroristes, Barbet Schroeder suit les chemins tortueux empruntés par " L'avocat de la terreur ", entre chose politique et chose judiciaire.La Critique : Ce documentaire explore la vie de Jacques Vergès à travers 3 évènements majeurs de sa vie d'avocat : La défense des "terroristes" algériens du FLN à la fin des années 50, la défense des poseurs de bombes islamistes au milieu des années 80 et la défense de Klaus Barbie. Barbet Schroeder explore et questionne l'histoire du " terrorisme aveugle " et met à jour des connexions politiques qui font réfléchir. Des témoignages d'anciens activistes du FLN ou du Djihad permettent au spectateur d'avoir une autre perspective des évènements.
Jacques Vergès pose des questions sur la notion de terroristes et de résistants au sein de la lutte armée :
- Les militants algériens qui ont posé des bombes dans l'Algérie Française des années 50 et qui furent arrêtés, torturés et parfois tués sont aujourd'hui considérés par leur compatriotes Algériens comme des "Jean Moulin"
- Alors qu'elle a justement condamné Klaus Barbie pour tortures et assassinats sur des résistants, pourquoi la Justice Française au nom des mêmes principes des droits de l'homme ne cherche t-elle pas à condamner certains officiers Français qui -lors de la guerre d'Algérie qui - furent coupables des MEMES exactions ?
- Pourquoi Anice Nacacche et Georges Abbache (condamnés à perpétuité) furent ils libérés après quelques années de prison pour permettre le réchauffement diplomatique entre la France et l'Iran, réchauffement qui permit de réaliser un juteux contrat "nucléaire". Où est la morale de Justice qui semble habiter les démocraties modernes ?
Toutes ses questions amènent évidemment à débat et Jacques Vergès s'est fait le spécialiste de la théorie de "la défense de rupture". Par ce principe, il amène le débat judiciaire à changer de perspective, à remettre en cause certaines visions trop simplistes ou conformistes.
Toutefois le documentaire n'est pas une agiographie. Jacques Vergès reste fuyant sur beaucoup d'aspects moins glorieux, son amitié très démonstrative avec le Khmer rouge Pol Pot, ses relations très proches avec le terroriste Carlos.
En conclusion, un documentaire un peu trop long mais très stimulant pour l'esprit et qui oblige le spectateur à aborder les questions de terrorisme international sous un autre angle.
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