jeudi 28 juin 2007

[Livre] Tout ce que vous avez voulu savoir sur Sherlock Holmes sans l'avoir jamais rencontré - Pierre Nordon - 1994

Le Thème : Parce qu'il voulait dénoncer les agissements de la secte des Mormons dans le sud des USA, Arthur Conan Doyle entreprit en 1886 la rédaction du roman "Une étude en rouge". Se faisant, il introduisait un personnage dont le destin allait dépasser de très loin le cadre de l'oeuvre : Sherlock Holmes.

La Critique : Evidemment, tout le monde connait ce personnage mythique. Son nom, sa silhouette et tout l'imaginaire "Victorien" furent déclinés de façon plus ou moins heureuse dans tout le spectre de la création artistique du XXème siècle. Mais peu connaissent en détail le véritable personnage littéraire.

"Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Sherlock Holmes sans l'avoir jamais rencontré" dresse le premier portrait en pied du héros de papier.
Ses tics, ses mots, ses gestes, ses attitudes, ses manies, son appartement, les indices qu'il collectionne, les mystères qu'il élucide, le schéma de ses raisonnements, les personnes qu'il côtoie, sans oublier, bien sûr, le bon Watson, son fidèle second : tout est passé au peigne, radiographié dans le détail, raconté avec humour et brio.
Car le personnage de Sherlock Holmes n'est pas que robot génial, c'est aussi un homme de chair et de sang. Par son talent, Conan Doyle lui offrit la plus belle des consécrations : en 1959, 62 % des Britanniques pensaient que Sherlock Holmes avait existé. La légende devenait réalité.

jeudi 31 mai 2007

[Livre] L'affaire du courrier de Lyon - Olivier Gabriel - 1971

Le Thème : 1796 : La France est sous le régime du Directoire, un régime qui tente d'apaiser les esprits marqués par la Terreur et de maintenir les acquis de la Révolution. Ce régime corrompu connaît de sombres heures, la situation économique est très difficile, le chomage massif entrâine une criminalité galopante. C'est dans ce contexte que va sé dérouler une des affaires judiciaires les plus étonnantes de l'histoire de France.

Pendant la nuit du 27 au 28 avril 1796, la malle-poste qui va de Paris à Lyon est attaquée entre Melun et Paris (près de Lieusaint), par cinq individus. Les deux postillons sont assassinés, et la malle-poste pillée : on vole quatre-vingt mille livres en monnaie et sept millions sous forme d'assignats, destinés aux armées d'Italie. Le vol est considérable mais aussi symbolique car l'état a besoin des victoires des armées d'Italie, armées menées par un certain Bonaparte.
Il convient de faire un exemple et de chatier durement les coupables

La Critique : Un résumé frappant : 6 meurtriers, 7 guillotinés !

L'Affaire du Courrier de Lyon a entraîné une des plus mémorables erreurs judiciaire sde la justice française. Les étapes successives de l'erreur y sont si minutieusement placées dans le cours de cette triste histoire que l'on en arrive à penser que le malheureux Lesurques était marqué d'un noir destin. Un incroyable concours de circonstances mêlant sosie et témoignages humains fragiles fait basculer la vie de Joseph Lesurques. Un Lesurques, devenant malgré lui le symbole de l'innocente victime d'une machine judidiciaire trop sûr de son fait et qui n'acceptera jamais (même 70 ans après les faits) de reconnaître une tragique erreur d'identité (avec le criminel Dubosc) pourtant évidente.
Lors de la dernière demande de révision du procès en 1865, le procureur devait avoir ses terribles mots :"La justice Française ne peut se tromper car sinon plus personne ne la croirait".

lundi 16 avril 2007

[Livre] Louis XI - Jean Favier - 2001


Le thème : Jean Favier, grand spécialiste de la guerre de 100 ans et du bas moyen-âge, nous livre une excellente biographie d'un roi méconnu mais majeur de l'histoire de France : Louis XI (1423 Bourges - 1483 La Riche)

La critique : Louis XI fait figure - avant l'heure - de modèle "Machiavelien", préparant sans cesse la guerre pour ne pas la faire mais usant des ressorts bien connus de la nature humaine: peur, ruse, flatterie et corruption.
Son bilan politique est impressionnant. A sa mort, il laisse les frontières du Royaume de France presque dans l'état que nous lui connaissons aujourd'hui. Lui, que les grands féodaux et même son frère Charles auraient bien voulu réduire à nouveau à n'être que le roi de Bourges, sut vaincre les plus graves périls, traiter avec ses ennemis à son avantage et tromper tout son monde.
Il fut le roi qui clôtura la guerre de 100 ans en faisant abandonner les prétentions du Roi d'Angleterre sur la couronne de France. Il amena son cousin Charles de Bourgogne (dit Le Téméraire) à sa perte aux mains de montagnards suisses stipendiés, jouer la Catalogne contre l'Aragon et inversement pour obtenir la Cerdagne et le Roussillon. Il démembra le très puissant duché de Bourgogne sous prétexte de garantir les droits de la fille du Téméraire.
L'homme est tout aussi passionnant, faussement modeste et très pieux. Du jeune Dauphin haïssant son père (Charles VII) et manipulé par les grands princes, il devient peu à peu le roi machiavélique dans toute sa splendeur. Bien caché derrière les cages de fer du petit château de Plessis-les-Tours, Il s'entoure de conseillers parfois inconnus. Il saura planifier constamment la division des grands et recourant plus souvent à la ruse et à «la diplomatie aux cent mille écus» qu'à la guerre. Commynes, qui quitta Le Téméraire pour le servir, en disait: "à la fin du compte, qui en aura le profit en aura l'honneur" résumant parfaitement de ce qu'on appellera plus tard la raison d'État.
Louis XI, roi mal-aimé et mal connu, fut souvent décrié et caricaturé comme un roi cruel et sournois. Il n'a pourtant pas inventé la duplicité et les méthodes "dures" envers ses opposants politiques étaient surtout celles de son temps. Il reste le premier des "souverains absolus" et n'eut jamais qu'un but dans sa vie : faire son métier de roi.

vendredi 23 mars 2007

[Livre] La naissance de la science : La Grèce présocratique - André Pichot - 1991

Le thème : Les connaissances scientifiques Mésopotamiennes et Egyptiennes qui furent acquises sans véritable méthode sont reprises dans un esprit tout différent par la Grèce antique. Cette Grèce classique à partir du VIIème siècle avant J-C va se préoccuper moins d'accumuler les résultats «positifs» que de trouver des principes généraux et une explication rationnelle.

Les Grecs anciens ouvrent une voie de l'esprit scientifique qui sera d'abord philosophique, une philosophie par laquelle la rationalité est élevée au rang de critère de vérité.
Cet ouvrage décrit les hommes, les écoles de pensée qui ont guidé cette quête de rationnalité.

La critique : Un ouvrage parfois aride mais passionant de bout en bout. André Pichot nous explique comment les sciences Grecques héritent des savoirs Babyloniens et Egyptiens afin d'ouvrir la voie de la rationnalité. L'auteur nous fait entrer dans le monde scientifique des Grecs anciens, un monde des sciences qui entretient un lien étroit avec la spéculation philosophique.
Ce livre décrit la fondation des Mathématiques en inventant son essence : la démonstration.
On suit avec passion les études - s'écoulant sur près de 4 siècles - des savants "fondateurs" que sont Thalès, Pythagore ou Euclide.
On y apprendra entre autres que certaines écoles - devenues de véritables sectes comme l'école Pythagoricienne - proposent à l'époque une vision mathématique d'un Cosmos ordonné par les nombres, où ce dernier serait une sorte d'idée du dieu. Par le biais de cette "vision", les théories atomistes de Démocrite trouveront un terrain de prédilection.
Derrière des apparences complexes, ce livre décrit -avec beaucoup de talent- une des plus formidable aventure du génie Humain, celle d'atteindre "un absolu de raison".


mardi 20 mars 2007

[Livre] Qui a tué Roger Ackroyd ? - Pierre Bayard - 1998

Le thème : Un essai-enquête de Pierre Bayard sur le célèbre roman "Le meurtre de Roger Ackroyd". Pierre Bayard décide de reposer la question "Qui a tué Roger Ackroyd ?" en reprenant point par point l’enquête du célébrissime détective Hercule Poirot. Les passionnés d’Agatha Christie pourraient bien avoir à réviser leurs conclusions.

La critique : Même s’ils n’ont pas lu le chef-d’œuvre d’Agatha Christie, "Le meurtre de Roger Ackroyd", de nombreux lecteurs, surtout parmi les amateurs de romans policiers, connaissent le procédé littéraire qui l’a rendu célèbre.
Mais la clé de l'énigme est elle si évidente ? Comment se fier à un texte où les contradictions abondent et qui s’organise autour d’un récit unique ? Et qui peut dire qu’Hercule Poirot, dans son euphorie interprétative, ne s’est pas lourdement trompé, laissant le coupable impuni ?
Roman policier sur un roman policier, cet essai, tout en reprenant minutieusement l’enquête et en démasquant le véritable assassin, s’inspire de l’œuvre d’Agatha Christie pour réfléchir, et nous livrer "la vérité" sur l'un des ses plus célèbres romans.
Même si la fin de l'ouvrage sur l'interprétation de tout texte littéraire semble plus poussive, voici un livre passionnant et fort réjouissant !